LE LITIGE EN ISLAM

Dieu nous interdit l'injustice.

"O Mes serviteurs ! Je me suis interdis l’injustice, de même Je l’interdis entre vous. Aussi ne vous livrez pas à l’injustice les uns envers les autres. ..."
Hadith Qudsi - Rapporté par Muslim

 

Bien qu'il soit possible de commettre des injustices envers sa propre personne, en commettant des pêchés qui impactent tout notre être, nous  traiterons exclusivement dans cet article de l'injustice commise envers les autres.


Lorsque que l'on fait du tort à soi -même, on commet une injustice contre sa propre personne, et cela ne regarde que notre seigneur et nous.

Mais lorsqu'il s'agit d'une injustice commise envers autrui, c'est tout un monde qui risque d'être impacté.

La faute est d'autant plus grave qu'elle porte atteinte volontairement à l'intégrité morale, physique, et/ou psychique des autres. Et dans ce genre de cas, où la victime peut être n'importe qui, c'est la société que cela regarde.

Et dans la république française comme en Islam, il est interdit de faire du mal à autrui.

Les victimes d'une injustice sont alors en droit d'exiger réparation pour les préjudices et/ou traumatismes subis.

C'est ce qui s'appelle réclamer justice.

En Islam, dans un premier temps, il est demandé aux parties en litige de s'en référer à Dieu et son Prophète (saws), c'est à dire au Coran et à la tradition prophétique, afin de trouver une solution équitable :

"… si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-le à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. ..."
S.4-V.59

"Nous avons fait descendre vers toi le Livre avec la vérité, pour que tu juges entre les gens selon ce que Dieu t'a appris.

Et ne te fais pas l'avocat des traîtres."
S.4-V.105

La seule parole des croyants quand on les appelle vers Allah et son messager pour que celui-ci juge parmi eux, est : "Nous avons entendu et nous avons obéi.
Et voilà ceux qui réussissent."
S.24-V.51

"… Et ceux qui ne jugent pas d'après ce que Dieu a fait descendre, ceux-là sont des injustes."
S.5-V.45

En cas de litige entre musulmans donc, il nous est recommandé de tenter la conciliation :

 

"Et si deux groupes de croyants se combattent, faites la conciliation entre eux.

                                                              

Mais si l’un d’eux se montre intransigeant, combattez alors l’agresseur jusqu’à ce qu’il s’incline devant l’ordre de Dieu.                                                                                                                                                                                                                

S’il s’y conforme, réconciliez-les avec justice et impartialité, car Dieu aime les gens équitables.                                     

 

Les croyants ne sont-ils pas des frères ?

 

Réconciliez donc vos frères et craignez Dieu, afin de mériter sa miséricorde."                                                                    

S.49-V.9 et 10

 

Ce qui concorde tout à fait avec le droit français qui préconise aussi le recours à un conciliateur en cas de litige, avant l'engagement de la procédure judiciaire.

 

Mais si la conciliation n'aboutit pas, et que l'injustice perdure, que peuvent faire les victimes ?


Et bien tout simplement faire appel à la justice, et demander un procès équitable, comme l'a décidé notre Prophète bien aimé (saws) :

"Le messager de Dieu a décidé que les deux adversaires doivent se présenter devant le magistrat."
Abdoullah ben Zoubayr

 

Parce qu'il n'est pas permis en Islam de se faire justice soi même alors que l'autorité juridique peut s'exercer :

«Si on accordait aux plaideurs, l`objet de leurs demandes, certes, on en verrait qui réclameraient les richesses et le sang d`autres gens. ..."                                                                                                                                  

Ibn Abbâs

 

C'est la différence entre la justice et la vengeance, entre la part de Dieu et la part du diable.

 

S'il existait des tribunaux islamiques en France, les rôles se répartiraient comme suit :
(J'ai agrémenté la liste de quelques versets coraniques et quelques hadiths afin de donner quelques détails sur la nature des différents rôles).

 

L'accusateur

« La preuve incombe à l’accusateur et le serment à celui qui nie. »
Bayhaqi
"Au plaignant de fournir la preuve et à l’accusé qui nie, de témoigner sous la foi du serment."
Ibn ‘Abbas

 

L'accusé
"Ton serment doit porter sur ce que ton adversaire veut savoir." »
Abou Hourayra
"Le serment déféré doit être fait selon l’intention de celui qui demande."
Muslim

 

Les témoins

"Ô les croyants ! Observez strictement la justice et soyez des témoins (véridiques) comme Dieu l'ordonne, fût-ce à l’encontre de vous- même, de vos deux parents, de vos proches, qu’il s’agisse d’un riche ou d'un nécessiteux, dans l’un comme dans l’autre, Dieu doit avoir la priorité. 

 

Ne suivez donc pas les passions, afin de ne pas dévier de la justice.                                                                                                  

 

Si vous portez un faux témoignage ou si vous le refusez, Dieu est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites."
S.4-V.135

"N’étouffez pas le témoignage ; qui l’étouffe, son cœur est tout pêché. "
S.2-V.283

 

"Et ceux qui lancent des accusations contre des femmes chastes sans produire par la suite quatre témoins, fouettez-les de quatre-vingts coups de fouet, et n'acceptez plus jamais leur témoignage. Et ceux-là sont les pervers."                                                                                                                                                                                        

S.24-V.4

Les juges
"S'il te viennent deux antagonistes, ne juge surtout pas (entre eux) tant que tu n'auras pas entendu du deuxième comme tu auras entendu du premier ! Car tu seras certes plus apte à juger. ..."
Abi Dâdoùd

"Prenez garde au soupçon, car le soupçon est certes le plus mensonger des propos."

Abou Houreira

"Laisse ce qui provoque en toi le doute pour ce qui ne suscite aucun doute."

At-Tirmidhi

 

"La preuve évidente a plus de droit (a être accepté) que le faux serment."
Tawus, Ibrahim, Churayh

 

"Les juges sont de trois catégories ; un seul va au paradis, les deux autres vont en enfer :
    -Celui qui va au paradis est le juge qui reconnaît le droit et juge en toute justice.
    -L’autre reconnaissant le droit mais il n’en juge pas, il va en enfer.
    -Le troisième qui ne reconnaît pas le droit et juge sans discernement, il va en enfer également."
Bourayda, authentifié par Hakem

 

"Et si tu juges, alors juge entre eux en équité. Car Allah aime ceux qui jugent équitablement."

S.5-V.42

 

Heureusement, le fait qu'il n'y ait pas de tribunaux islamiques auxquels nous adresser en tant que musulmans, ne nous dispense pas d'en référer à la justice française, en tant que citoyens.

 

Les musulmans victimes d'une injustice peuvent donc s'adresser aux autorités compétentes concernant les litiges qui les opposent, au cas ou bien sûr, la conciliation entre les parties adverses serait impossible.

 

Et que les victimes se rassurent, il n'y a aucune honte ni aucun mal à se présenter devant le magistrat conformément à ce qu'a décidé le prophète de l'Islam (saws), et ce afin de faire cesser l'injustice et d'obtenir réparation.

 

Il est vrai qu'il est parfois bon de pardonner tant que faire se peut, mais si Dieu nous donne l'opportunité de saisir la justice, alors c'est aussi un devoir de le faire lorsque c'est nécessaire.

 

Que Dieu donne la force et le courage à toutes les victimes d'aller jusqu'au bout de leurs convictions dans leur combat pour la Justice et la Vérité.

 

Vocer

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