H.RAP.BROWN

Un modèle pour tous les rappeurs du monde.


De son vrai nom Hubert Gerold Brown, H. Rap Brown est né le 4 Octobre 1943 à Baton Rouge, Louisiane, d'un père nommé Eddie C. Brown (travailleur dans une compagnie pétrolière, et d'une mère nommée Thelma (Warren) Brown).

 

Lorsqu'il était jeune, H. Rap Brown était réputé pour les jeux de batailles verbales, d’où son surnom "RAP", qui lui fut attribué pour ses aptitudes à rapper.

 

Il est possible de retrouver ses œuvres en tant que rappeur sur le disque "SNCC's Rap" produit à la fin des années 1960.

Dans les années 1960, il intègre le Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC), pour lequel il co-réalise son disque, et au sein duquel il occupe une place importante.


H. Rap Brown est connu pour être un orateur redoutable, mais il va prouver qu'il est aussi un militant déterminé.


En 1967, suite à l’un de ses discours prononcé à Cambridge, Maryland, éclate un échange de coups de feu entre des Noirs et des policiers blancs qui suivent le rassemblement.

                                                                                                                                                               

H. RAP BROWN est arrêté et inculpé pour incitation à l'émeute et pour avoir provoqué un incendie dans une école du quartier. 

 

Incendie qui ne se déclara dans les faits que le lendemain matin, longtemps après que Rap Brown eut quitter la ville. Le procureur lui-même admettra qu’il n’y avait aucune preuve pour l’accuser.

 
C’est après cet évènement qu’il quitte le SNCC pour rejoindre le Black Panthers Party dont il sera le ministre de la justice.

 

C'est aussi en 1967 que, suite à des voyages en avion entre New-York et la Nouvelle Orléans, il est accusé de transport illégal d’arme au cours de ses déplacements. Alors que RAP BROWN avait pris soin à chacun de ses trajets de remettre sa carabine 30 M-1 au commandant de bord qui la conservait dans la cabine de pilotage.

                                           
Pour l'inculpation d'incendie volontaire de l'école et le transport illégale d'arme, Rap fut libéré sous caution.


Mais en 1968, sa liberté sous caution est annulée, sous prétexte d'un voyage effectué en Californie pour prendre la parole à une manifestation organisée pour l’anniversaire de Huey P. Newton.

                                                                                          
Une fois emprisonné, sa caution d'un montant de cinquante mille dollars, se voit doublée à cent mille dollars suite à un nouveau chef d’inculpation :


Il aurait "proféré des menaces" à l’égard d’un agent noir du FBI qui avait fait un rapport sur son discours en Californie.


Jugeant le montant de la caution exorbitant, H. Rap Brown entame un grève de la faim de 40 jours jusqu’à ce qu’une cour d’appel fédérale rétablisse la caution à quinze mille dollars.

 

Un an plus tard, en 1969, sort son livre intitulé "Autobiography, Die Nigger Die (Dial Press, 1969)*.
Il y condamne la politique américaine, qu'il considère comme une nation raciste, et qu'il appelle "AmeriKKKa".

En 1971, il est cette fois ci accusé et condamné pour être retourné à New York avec son arme où il aurait participé à un vol à main armé qui se termine par un échange de coups de feu avec la police.


Il doit purger une peine de 5 ans de prison et payer deux mille dollars d’amende.


C'est pendant sa peine de prison que H.Rap.Brown se convertit à l’Islam et se renomme Jamil Abdullah Al-Amin.

Devenu musulman il adopte un ton plus mesuré dans sa critique de la société, mais il reste tout de même attaché à l'idée de révolution, qui selon lui ne peut réussir sans conscience spirituelle.


Al-Amin voit dans l'Islam et la vie du prophète Mohammed une méthodologie et un plan clair pour apporter un changement bénéfique de la société, même dans les conditions les plus difficiles.

 

"Le Coran", écrit-il, "est soit un argument pour vous, soit un argument contre vous. L'Islam est un mouvement d'avant-garde qui établit une norme pour les gens."


En 1976 à sa sortie de prison, il part en pèlerinage à la Mecque, et s'installe à son retours à Atlanta. Il y devient Imam d'une mosquée et œuvre sur le terrain en luttant contre le trafic de drogue, la prostitution, et la violence des gangs qui sévissent dans les quartiers pauvres de la ville.

                                                                                                                                                                                                   

Mais Al AMine ne s'enferme pas dans le communautarisme, et œuvre en direction de tous les groupes ethniques.


Plus tard, il critiquera les mouvements révolutionnaires des années 1960 dont il à fait partie, affirmant que ces mouvements avaient échoué parce que leur compréhension était limitée.


Il confirmera aussi le fait que le mot Rap a été remplacé par le terme Hip-hop afin de ne pas faire référence à Rap Brown et la véritable histoire de cet art**.

 

L'Imam Al Amine se revendique du véritable Islam, se différenciant ainsi de la Nation of Islam et des autres mouvements du même type.


En 1990, il est élu vice-président du Conseil musulman américain.

                                                                                                       
Il est aussi élu président du Conseil de la Shura islamique, un groupe de coordination qui comprenait également les secrétaires généraux de l'Organisation islamique Société Amérique du Nord (ISNA), et le Cercle islamique d'Amérique du Nord (ICNA).

 

En 1995 il est encore accusé. Il aurait ouvert le feu sur un homme avec une arme possédée illégalement. Heureusement, la victime des coups de feu avouera plus tard avoir été manipulée par la police et les autorités pour qu’il identifie Al Amine comme le tireur. Et Jamil Abdullah Al-Amin sera innocenté.


Hélas, le Mercredi 16 mars 2000, une nouvelle machination le frappe de plein fouet.                                                                                                                                                                       
De source policière, deux agents de police auraient été la cible d' un homme armé non-identifié ayant refusé de montrer ses mains lorsqu'ils l'ont contrôlé alors qu'il était assis dans une voiture stationnée près de la boutique que possède Jamil Abdullah Al-Amin.  

                                                                                                                          
L’un des deux policiers succombera suite à ses blessures. 

 

Le second identifiera Al-Amin comme l'agresseur sur présentation de photos de suspects éventuels.


Aucun témoin ne se trouvait sur les lieux de l’incident au moment ou celui-ci s’est déroulé, et plusieurs pistes indiquent que Al-Amin n’était pas en ville le jour de l’incident.


Le 9 Mars 2002, près de deux ans après la fusillade, il est reconnu coupable de 13 accusations, dont l'assassinat du policier.


Il est condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle, et envoyé à la prison d' État de Géorgie, établissement à sécurité maximale de l'Etat.


En mai 2004, la Cour suprême de Géorgie décide à l' unanimité de confirmer sa condamnation à perpétuité. 

En 2016, Jamil Abdullah Al-Amin (H. Rap Brown), est toujours injustement emprisonné.


Afin de le soutenir lui et sa famille dans son épreuve, signez la pétition réclamant la justice pour l' imam Jamil Abdullah Al-Amin :


https://www.causes.com/posts/970019-imam-jamil-h-rap-brown-moved                                

Article réalisé par Vocer


Plusieurs sources ont été consultées puis comparées avant de réaliser cet article.

 

* R.A.P : Rythm And Politics

**  http://www.historyisaweapon.com/defcon1/dnd.html                                                                                       

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