La véritable face du Hip-hop

 

1. LE HIP-HOP ET SES VALEURS ...

                                                                                                                                                                             

 "Peace, love, unity and having fun."

Ces valeurs sont d'abord celles du mouvement hippie, puis elles sont reprises par le mouvement Hip-hop dans les années 1970 . Du "Hip-pie" au Hip-hop, la maxime "peace and love" se transmet pour que se répende dans les ghettos la pensée pacifiste. Après quoi l'unité ne sera que le fait de se rassembler pour faire la fête, et pourquoi pas l'amour et la paix, le temps d'une soirée. Car le lendemain, la réalité de la vie de ghetto reprenait le dessus sur l'utopie de la veille.

Prêt de 30 ans plus tard, alors que la paix n'existait toujours pas dans les ghettos, les leaders du mouvement aboutissent à l'écriture de la "Hip-hop declaration of peace", déclaration de la paix reconnue par l'ONU.

Dans les faits, le Hip-hop ne réussira jamais à faire appliquer les valeurs qu'il disait siennes. 

Il suffit de regarder l'état des quartiers populaires, ici et là-bas, pour s'en rendre compte. Guerre, Haine, Division, et perversion y sont plus implantés qu'avant l'apparition du Hip-hop, jusqu'à en être les valeurs dominantes.

Le Hip-hop n'a pas réussit à les éradiquer, faute de n'avoir pu ou su montrer le bon chemin à suivre.

Avec le temps, ils auraient dû constater que les valeurs de paix, d'amour, et d'unité restent irréalistes si on ne propose pas avec la méthode et les moyens qui permettraient d'y parvenir. 

Pour atteindre la réalisation de ces valeurs absolues, principales, il fallait proposer un projet qui repose sur des principes fondamentaux, enseignées et mises en pratique chaque jours sur le terrain.

En effet, pour faire de l'idéal une réalité, ce n'est pas de fêtes et de divertissement dont il fallait parler. 
"Having Fun" n'est ni la priorité, ni la solution pour des populations qui connaissent de grandes difficultés socio-économiques et en subissent les injustices.

La paix ne pouvait exister sans la justice, seule garante d'une paix durable. 
Pas de justice, pas de paix!

L'amour ne pouvait exister sans une fraternité réelle, celle qui fait qu'on arrive à vouloir pour les autres ce que l'on veut pour soi même.
Pour apprendre à s'aimer les uns les autres, il faut d'abord éliminer les causes des haines et des discordes, et développer la solidarité par l'entraide.

L'unité ne peut exister sans le rassemblement autour d'un but commun. Tant que toutes les forces conscientes ne seront pas liées dans un seul et même élan, pour le même objectif, la division continuera, et le règne de l'ennemi des peuples libres avec. 

Les valeurs du Hip-hop sont considérées utopiques, et reconnues irréalisables par le Hip-hop lui même, qui finalement, faute de vouloir sincèrement les réaliser, se contente pour sauver l'honneur d'essayer médiocrement de s'en rapprocher.

Plutôt que de chercher à s'amuser pour oublier l'injustice qui nous frappe, reprenons nos vies en main et faisons en sorte que les choses changent vraiment, qu'elles s'améliorent pour le bien de tous, en partant sur de nouvelles bases, celles d'un mouvement réaliste et efficace.

 

2. LE MYTHE DU MOUVEMENT CONTESTATAIRE ET REVOLUTIONNAIRE

 

 De la création de la Zulu Nation à la "Declaration of peace", peut-on savoir à quel moment dans le texte le Hip-hop se déclare-t-il anti-système ? Dans quelle partie déclare-t-il être un "mouvement basé sur l'opposition à l'ordre établi, un mouvement révolutionnaire" ?

La réponse est :

Nulle part ! Dans le Hip-hop, le système n'est jamais remis en question.

"Un mouvement Hip-hop sans contestation ni revendication serait vidé de sa substance, ..."

Mais, le Hip-hop ne conteste pas et ne revendique pas (en tout cas pas la lutte contre le système), et il conserve pourtant cette image de culture rebelle, comme si de rien n'était.

A ceux qui prétendent que ce mouvement loue le détachement vis à vis de l'argent et des biens matériels, la réponse est :

Un mouvement qui prêche un tel détachement ne se livrerait pas en spectacle lors des "Hip-hop honors" sur MTV base, et ne cautionnerait même pas un tel événement, ou sont mis à l'honneur les stars du gangsta rap et du rap commercial, qui prônent à longueur de texte les valeurs radicalement opposées à celles du Hip-hop, à commencer par le matérialisme le plus pur, responsable de biens des maux dans notre société.

Concernant le fait que le Hip-hop ne serait pas reconnu en tant que culture, la réponse est :

Si c'était le cas, pourquoi TF1 diffuse dés 1984 l'émission H.I.P-H.O.P présentée par Sidney, premier noir présentateur de télévision en France, soit dit en passant.

Non, le Hip-hop n'a été et ne sera ni une sous culture, ni une contre culture, il est partie intégrante de la culture bourgeoise : une bourgeoise en street wear.

Sans parler du statut du Hip-hop à l'UNESCO (inscrit au patrimoine culturel mondial), et à l'ONU ("Declaration of peace"), palmarès auquel s'ajoutera peut-être un jour le prix Nobel de la paix, qui sait.

Quant à ceux qui diraient :

"Oui mais justement la "Declaration of peace" quand même, t'as vu ... "

La réponse est:

Beaucoup de bruit pour pas grand chose. Il suffit pour le constater de regarder la situation des ghettos depuis que le Hip-hop existe, d'Amérique du nord aux quartiers populaires de France, elle n'a fait qu'empirer.

Les responsables du mouvement Hip-hop font semblant de s'attaquer aux problèmes des quartiers pauvres alors qu'ils participent de cette situation. Pour qu'il en soit autrement, il faudrait qu'au minimum ils s'investissent concrètement dans la lutte pour les droits des peuples qu'ils disent représenter.

Il aurait fallu non pas transformer l'énergie négative en énergie positive seulement, mais en énergie politique surtout, positive toujours, mais seule capable de changer vraiment les choses.

Si cela avait été le but, le Hip-hop s'en serait donné les moyens dont il dispose largement, en créant par exemple un parti politique libre et indépendant, populaire et révolutionnaire.

Et comment un mouvement qui ne parvient pas à mettre de l'ordre chez lui pourrait-il sérieusement contrecarrer les plans du système ?

Ne dit-on pas que charité bien ordonnée commence par soi-même ?

Pourquoi ne s'oppose-t-il pas, hier comme aujourd'hui, à des artistes Hip-hop qui bafouent les valeurs et les principes censés être les leurs ?

Pourquoi les leaders d'un mouvement international mondialement reconnu n'utilisent-ils pas les grands médias auxquels ils ont accès pour mettre en oeuvre une campagne afin de dénoncer et de condamner ces imposteurs ?

Pourquoi ne font-ils pas le nécessaire pour se dissocier devant le grand public de ces comportements totalement contraires à l'esprit du Hip-hop, en appelant par exemple au boycott des artistes qui les commettent, des labels qui produisent ces artistes, des scènes qui les accueillent, et des médias qui font leur promotion ?

Tant d'ambiguïtés et de contradictions qui sont autant de preuves que le Hip-hop n'est pas un mouvement contestataire et révolutionnaire.

Parce que le Hip-hop, c'est le système !

 

3. LA VERITABLE FACE DU HIP-HOP

 

 Cette culture génère aujourd'hui d'énormes profits, devenant ce à quoi elle était destinée dés le départ, une machine à faire du bif (fric).

Les masses d’argent issues de cette exploitation, qui auraient dû d’abord profiter aux acteurs de cette culture dans leur ensemble et aux quartiers populaires dont ils sont pour la plupart issus, n‘ont fait que remplir les poches des magnats de l’industrie culturelle et d’une "élite Hip-hop" embourgeoisée.

Sont donc mis en avant, dés le départ, des artistes Hip-hop qui diffusent un message en totale adéquation avec la volonté des maîtres, véhiculant des valeurs négatives, destructrices et immorales, à travers notamment ce qu'on appelle la "musique Hip-hop". 

Matérialisme, cupidité, individualisme, mensonge, trahison, sexisme, vulgarité, domination, loi du plus fort, violence, banditisme, injustice, égocentrisme, orgueil, ignorance, haine, sont avec d'autres aspects néfastes de l'âme humaine, glorifiés, introduits dans les têtes et dans les coeurs à coups de textes et musiques, de clips et de films à gros budget, et de concerts spectaculaires. 

C'est cela que le Hip-hop à laissé faire, devenant le complice de l'industrie culturelle, au détriment de la place que devrait occuper la culture populaire, celle des arts de nos rues.

Lui qui prétendait défendre les valeurs de paix, d'amour, d'unité et de respect, a en fait servi entre autres, à propager les valeurs contraires et à les embellir aux yeux des habitants des ghettos pauvres, participant à la dégradation des mentalités et des conditions de vie dans les quartiers populaires.

Malgré les bonnes intentions affichées, le Hip-hop a donc perdu très tôt sa prétendue dimension sociale et contestataire pour ne garder que ses aspects festifs et mercantiles, afin de détourner les esprits de la réalité par le divertissement, Contribuant ainsi à transformer la lutte politique en piste de Danse. 

Si le projet de ce pseudo-mouvement contestataire était d'améliorer la vie dans les ghettos et de faire changer la société pour le bien de tous, c'est un échec.

le Hip-hop, comme un somnifère, a surtout servi à endormir plusieurs générations en les berçant dans l'illusion qu’un changement pouvait se produire grâce à lui. 

Se servant des valeurs de paix, d'amour, d'unité dans la fête, et de l’utopie hippie qui en découle, il a contribué à faire disparaître chez une très grande majorité de gens l’esprit de contestation et de revendication fortement implantés dans les mentalités avant sa création (années 60 et tout début des années 70, avec entre autres des figures comme Malcolm X, les Blacks Panthers, les Young Lord, le Weather Underground).

En fait le Hip-hop n'a jamais fait peur aux entités qui dirigent nos sociétés, au point qu'elles l'ont même promu sur le plan international.

Trois hypothèses se dressent donc devant nous:

-Soit le Hip-hop dés son origine a été créé par le gouvernement américain et ses services secrets 

-Soit c'est vraiment un mouvement spontané, mais ses dirigeants ont été retournés et corrompus par les mêmes services en utilisant des moyens coercitifs suffisamment persuasifs

-Soit les leaders du mouvement sont vraiment convaincus d'agir pour le bien de l'humanité, des naïfs manipulés qui n'ont pas le savoir nécessaire à la bonne compréhension du fonctionnement de ce monde.

Ce mouvement culturel n'a donc pas échappé à la volonté des élites du vrai pouvoir (économique et industriel), de toujours encadrer et contrôler la création artistique populaire afin d'en tirer un maximum de profits, et d'empêcher qu'elle ne devienne le vecteur d'une pensée insurrectionnelle et libératrice.

Ils ont compris qu'il valait mieux prévenir que guérir, et ont utilisé le Hip-hop pour éviter toutes formes de prise de conscience politique massive et toute tentative de création d'un contre-pouvoir réel.

Il suffisait pour cela de tout faire pour que des arts nouveaux, issus des quartiers populaires, ne soient plus des outils d'éducation et de lutte, mais des armes de "distraction massive", à l'aide desquelles s'opère un autre génocide des consciences.

Après l'opération "Cointel-Pro" (menée par le FBI afin de noyauter et de dissoudre le Black Panther Party dans les années 60), auraient-ils manigancé "l'opération Hip-hop"?

Quoi qu'il en soit, pour beaucoup, le Hip-hop est synonyme de désillusion. 

Comme eux j'avais l'espoir que le Hip-hop irait au delà de cet esprit étroit pour défendre les valeurs universelles. 
Constatons simplement qu'il a lâchement abandonné ses propres "enfants", en trahissant les innombrables incorruptibles qui l'ont porté depuis son origine.

Le Hip-hop est au mieux une utopie, au pire une escroquerie !

A lui d'accepter la critique objective et constructive s'il veut évoluer et redevenir, ou plutôt, devenir lui même, en retrouvant son "honneur perdu".

vocer

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